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Les petits soldats du journalisme
François Ruffin, Les Arènes, février 2003 Dans la grande et récente série " Halte aux néo-censeurs " (1), cet ouvrage d'un ancien étudiant du CFJ (Centre de formation des journalistes) pourra servir à expliquer quelques cas (ou plutôt de nombreux cas) de censures inconscientes. La thèse de l'auteur, illustrée par de nombreux exemples, est que la plus prestigieuse école de journalisme française sert plus à " formater " des salariés de groupes de presse que des journalistes enquêteurs, fouineurs, investigateurs, selon la terminologie actuelle. A l'encontre de la thèse de l'auteur, il est loisible de penser que le but d'une école -même de journalisme- est, quand même, de former des gens qui trouveront du travail dans la vie réelle et non dans une utopie où tout le monde il est gentil.
(1) Nous rappelons deux ouvrages parus sur ce thème précis juste ci-dessous : " La censure des bien-pensants ", d'Emmanuelle Duverger et Robert Ménard, " Les Maîtres censeurs ", d'Elisabeth Lévy. |
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La Censure des bien-pensants
Emmanuelle Duverger, Robert Ménard, Albin Michel, janvier 2003 Les auteurs, un journaliste, fondateur de Reporters sans frontières, et une juriste à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, veulent défendre une liberté d'expression tous azimuts et dans tous les domaines. La seule limite à cette liberté serait, selon eux " l'appel explicite à la violence ". Ils pointent au passage un certain nombre de faits de censure qui paraissent ridicules ou inefficaces. Ils défendent la liberté d'expression pour les révisionnistes, les pédophiles, la liberté d'informer sur les petits ou grands secrets de nos hommes politiques, etc..., la liberté absolue, ou presque, de la presse. On peut toutefois émettre quelques réserves sur le fond : le débat se situe, en fait, sur les sujets à censurer et non sur la censure elle même ; ce qui est d'ailleurs admis par les auteurs puisque exception ils prévoient. Quant à la notion " d'appel explicite à la violence ", elle peut paraître plutôt floue. Par exemple, pour pouvoir, matériellement, diffuser des images pédophiles, il a bien fallu, à un moment, faire violence à des enfants. Enfin, dans le domaine politique, les auteurs remarquent que les plus farouches partisans de la liberté d'expression se sont en général empressés d'oublier ces convictions lorsque, d'aventure, ils arrivaient au pouvoir. A lire en gardant son esprit critique, donc. |
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Les Maîtres censeurs
Elisabeth Lévy, JC Lattès, mars 2002 Dénoncer la censure du " politiquement correct " serait-il à la mode ? Cet ouvrage, paru avant " la Censure des bien-pensants ", est un peu dans la même veine. L'auteur (l'auteuse ?), y dénonce ceux qui se drapent dans les bons sentiments pour, principalement, faire savoir qu'ils ont " résisté ", les professionnels de la liberté d'expression qui censurent ceux qui ne pensent pas vraiment comme eux, la critique d'art contemporaine qui dénie à tout art non " conforme " le droit même d'exister. Bref, Brassens le chantait déjà : " Les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux ". Le tout est de bien comprendre que les braves gens, les bien-pensants, ne sont pas forcément là où l'on croit. |
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