|
|
 |
|
 |

Le " Care ", un retour au caritatif ou une autre conception de l'autonomie ?
Alors que le débat politique français a mis récemment en scène une référence au " Care " anglo-saxon, les philosophes Marie Garrau et Alice Le Goff témoignent dans cet ouvrage que l'histoire de ce concept à travers quelques uns de ses théoriciens, au-delà de la communication, porte un sens social et politique. Quelle cohérence ses pratiques peuvent-elles avoir avec les traditions françaises et européennes de solidarité ?
Etymologiquement le care désigne en Anglais l'attention, la sollicitude, le " prendre soin de ", la vigilance. Par extension, il englobe les pratiques d'accompagnement de la vulnérabilité. Tirée de la philosophie anglo-saxonne (David Hume et Adam Smith notamment), cette notion est centrée sur les interactions empathiques, sur le souci de l'autre. Le mouvement féministe américain des années 60 reprend et modernise l'idée qui prend au fil des années 1980, des formes morales et politiques où la dépendance s'affirme non plus comme un facteur d'incapacité ou d'exclusion mais comme une " relation nécessaire et potentiellement positive ", comme une interdépendance fondatrice du développement humain.
D'abord une approche féminine ou/et féministe
Carol Gilligan(1) propose deux interprétations possibles de l'éthique du Care, effort de distinction qui sera une source de malentendus. " Une éthique féminine " se fonde sur une sollicitude, un souci des autres. " Une éthique féministe " analyse et dénonce, au-delà de cette empathie prêtée aux femmes, leur subordination à l'autonomie des hommes. D'autres auteurs y voient trois écueils : l'essentialisme (l'attention à l'autre serait propre aux femmes) ; la légitimation de l'oppression (réparer les effets où les oublis de la brutalité du monde serait une préoccupation qui reviendrait majoritairement aux femmes) ; l'influence du conservatisme. Très vite ces auteurs estiment que l'évolution de ces engagements impose de passer d'une perspective du Care purement morale, à une perspective sociale et politique sortant le Care du référent féminin et du maternalisme.
Ensuite, s'écarter du modèle féministe
Les travaux de deuxième vague développent alors une réflexion sur la place sociale de la relation de dépendance et sur l'effort à déployer pour distinguer les relations de dépendance oppressives et celles qui libèrent ou construisent. Joan Tronto(2), fonde ce questionnement sur une analyse de l'évolution sociale depuis le XVIIIe siècle. Elle propose de déplacer trois frontières morales : celle séparant la morale et la politique, celle rapprochant le " point de vue moral Kantien ", distant et rationnel, d'une posture d'imbrication de l'agir moral dans la vie quotidienne, celle démarquant la sphère privée et la sphère publique. S'écarter du modèle féministe, replace le Care au centre de la vie humaine. Cette approche structure et relie " un réseau complexe de soutien à la vie "(3). Elle qualifie le care non plus comme une bonne pratique morale mais comme une démarche complexe qui s'inscrit dans une durée et dans une coordination, au cœur de l'action sociale et politique. A la suite, Patricia Paperman le positionne comme un travail répondant " aux exigences caractérisant la relation de dépendance(4) ". Loin du romantisme de la bienfaisance, c'est un engagement dans le réel. La compassion, l'attitude affective ne constituent plus un attribut féminin de ce travail, elles représentent une propriété distinctive universelle du " bon care ". " Une société qui prendrait au sérieux les pratiques de soin s'engagerait dans un débat sur les enjeux de la vie publique, non pas à partir d'une conception des acteurs considérés comme autonomes, égaux et rationnels poursuivant des fins séparés, mais à partir de leur interdépendance " (J. Tronto)… Chaque citoyen deviendrait producteur de care et d'autre chose qui renvoie au politique.
Puis le registre politique
Puis le care a été transposé dans le registre de la théorie politique. Partant des formes extrêmes de dépendance (prime enfance, maladie, handicap grand âge…), cela fait de l'interdépendance une suite de la dépendance. Dans sa Théorie de la justice(5), Rawls renvoyait à la charité le traitement de l'extrême dépendance alors que le care, ainsi compris, l'inscrit dans le champ de la justice, au coeur des coopérations sociales. Ces dernières doivent aussi intégrer le " prendre soin de ceux qui prennent soin ". Poussant plus loin la critique, Martha Nussbaum souhaite deux ruptures. Elle propose que l'accès aux biens premiers posés par Rawls comme base de l'équité soit converti en accès aux capabilités de base. Elle transforme la notion de liberté individuelle en capabilité d'accomplir divers ensembles de fonctionnement. La vulnérabilité est conçue alors comme une forme irréductible du rapport au monde, liée à notre exposition aux aléas de la vie et à notre finitude. Elle doit bénéficier du droit à la dignité et d'un objectif public de mise en capacité des citoyens, à travers un projet d'éducation individualisée. La vulnérabilité universelle révélée par les théories du Care, promeut alors la non-domination. " La liberté comme non-domination, idéal politique distinctif du néo-républicanisme, désigne alors ce qui garantit les individus contre toute interférence arbitraire(6) ".
Les traditions d'entraide européennes
Les idées et les pratiques qui émergent de cette évolution moderne du Care ne semblent pas sans liens avec les traditions d'entraide promues en Europe depuis le XIIe siècle. On peut aussi les associer au jeu des droits et des devoirs de solidarité que le solidarisme pose en France au xixe siècle comme une dette et une obligation citoyenne. Ces travaux peuvent aussi recouper les perspectives ouvertes par des sociologues du xxe siècle comme Edgar Morin (et sa politique de la civilisation), Robert Castel (et la question : qu'est ce qu'être protégé ?) ou Serge Paugam (et son effort pour repenser la solidarité). Ces liens peuvent-ils fonder un chantier social universel ? Est-il opérationnel de s'appuyer sur un concept anglo-saxon dont l'origine libérale, bien pensante, chrétienne sociale, quelle qu'ait été l'évolution ultérieure de son contenu, peut introduire certaines confusions, certaines régressions, certaines subordinations ? Les effets d'affichage du " care management " auraient-ils une efficience supérieure à ceux d'une recherche/action globale sur les fondements humains qui pourraient structurer l'organisation sociale ?
Care, justice et dépendance. Introduction aux théories du Care Marie Garrau, Alice Le Goff, PUF Philosophie, avril 2010, 151 p.
(1) Carol Gilligan, Une voix différente, pour une éthique du Care, 1982. Traduction française Flammarion, 2008. (2) Joan C. Tronto est professeur de théorie politique au Hunter College de l'Université de New York. Elle est l'auteur de nombreux articles sur le care, sur les femmes dans la vie politique américaine et la théorie politique féministe. (3) Joan Tronto, Un monde vulnérable. Pour une politique du Care, 1993. Traduction française, Paris la Découverte, 2008. (4) P. Paperman, maître de conférence en sociologie (Université Paris VIII) ; Les gens vulnérables n'ont rien d'exceptionnel dans Le Souci des autres. Éthique et politique du care, éditions de l'EHESS, " Raisons pratiques ", 2005. (5) John Rawls (1921-2002), Théorie de la justice, (1971) 1987, Le Seuil. (6) Philip Pettit, Républicanisme; Une théorie de la liberté et du gouvernement, Paris Gallimard, 2004 (1997).
|
|
|
|
 |
|
 |

Vivre ensemble dans ses diversités
Professeur de philosophie politique à la Sorbonne, Alain Renaut s'attache dans cet ouvrage à élever la diversité au rang d'un concept philosophique opérationnel. Mise en exergue ces dernières décennies, cette notion reste floue. Elle impose l'adjonction d'un qualificatif pour s'identifier à un champ pratique(1). Cette notion peut-elle s'associer à un humanisme compatible avec des principes universels de démocratie ? Débat complexe à retranscrire en quelques lignes, qui pourrait être au cœur de réflexions et d'échanges menées dans les mutuelles sur l'identité mutualiste, entre respect de l'intérêt de l'adhérent et universalisme de l'intérêt général.
Alain Renaut s'interroge d'abord sur le contenu conceptuel et moral de la diversité qui, pour ne pas être excluante, ne doit pas cultiver des coalitions de semblables, ni opposer méritocratie et équité. Dans une première partie de l'ouvrage, il observe l'émergence historique moderne du concept. La fin de la guerre froide à la fin des années 90 fait muter les représentations politiques et ouvre le débat entre les partisans des états nations et ceux qui défendent des idées cosmopolitistes, souvent moins politiques que morales et éthiques (puis économiques). Ces débats structurent des postures et des impostures autour de l'assimilation à la française ou de l'autodétermination à l'anglo saxonne, autour de dimensions historiques ou autour de différenciations plus intérieures aux groupes (sexes, régions, langues et dialectes, droit des minorités…). L'auteur analyse cette émergence à travers l'histoire des idées et des faits sociaux. Depuis Gottfried Wilhelm Leibnitz (2), la soumission traditionnelle aux normes et aux lois, même librement acceptées, tend avec la modernité à laisser place à l'humain comme source des normes et des lois. En 1826 apparaît le concept d'individualisme dans des écrits saint-simoniens dénonçant une économie capitaliste réduite au plus strict " individualisme ". Pour Alexis de Tocqueville toutefois, le danger d'éphémère et le primat de l'intérêt individuel sur l'intérêt général qui y sont désignés (correspondant à ce que Karl Marx appellera " l'égoïsme monadique des bourgeois ") ne doivent pas masquer l'ouverture démocratique nouvelle que cela contient. Dans l'individualisme en effet, au nom de l'égalité, la hiérarchie peut être contrôlée ; au nom de la liberté les enfermements de la tradition peuvent être dépassés. Dans la seconde partie de l'ouvrage, Alain Renaut esquisse les principes et les figures d'une diversité à échelle humaine. Semblables mais divers, en refusant les communautarismes ou les élitismes particularistes, les hommes peuvent s'ouvrir les uns aux autres dans un universalisme critique qui ne fasse pas abstraction des différences. Il leur faut prendre en compte pour cela selon lui trois vecteurs importants d'humanité. Ils doivent se contraindre à un essentialisme critique : rien de ce qui est humain ne doit leur rester étranger. Ils doivent intégrer la différenciation culturelle, qui, loin de compromettre l'unité de l'humain, la défend contre l'homogénéisation de la mondialisation et l'atomisation individuelle du social. Ils doivent s'appuyer sur un référent humain universel : " Les hommes naissent libres et égaux en droit ". Soucieux de pragmatisme, l'auteur choisit deux champs de concrétisation de ses idées : le développement de la créolité et l‘identité générique à travers la diversité sexuelle. En conclusion, le philosophe invite à l'échange sur la façon dont la diversité peut être prise en charge par des politiques étatiques ou territoriales. Au-delà des enracinements de naissance ou d'héritage, il pose la question d'une possible identité choisie (l'engagement ?), pour mieux développer et assurer l'humanité en soi.
(1) On parle de diversité raciale, linguistique, religieuse… Cf le rapport très officiel du sociologue Michel Wieviorka, La diversité, Rapport à la ministre de l’enseignement et de la recherche, Paris, Robert Laffont 2008. (2) Philosophe né à Leipzig le 1er juillet 1646, décédé à Hanovre le 14 novembre 1716.
Un humanisme de la diversité – Essai sur la décolonisation des identités Alain Renaut, Flammarion, septembre 2009, 445 pages.
|
|
|
|
 |
|
 |

Le Prix Solidarité 2009
"Ce n'est pas avec de bons sentiments que l'on fait de la bonne littérature " affirmait André Gide ; " le prix Solidarité démontre le contraire ! On peut écrire de beaux livres avec de beaux sentiments " témoigne André Vignau, secrétaire général et fondateur du prix Solidarité d'Harmonie Mutuelles. Les mutuelles de cette union (Prévadiès, Harmonie Mutualité, Releya, MNAM, Altéis Mutuelle et Mutuelle Existence) décernent en effet depuis 2004 ce prix à une œuvre dédiée aux valeurs humanistes et à la solidarité, plus précisément à un roman français illustrant l'entraide, la générosité, la tolérance et le respect de la personne humaine. La remise du prix se fait traditionnellement lors du salon du livre de Paris, cette année ce fut le 14 mars. Les 64 membres du jury, composé d'adhérents et administrateurs, ont distingué No et moi de Delphine de Vigan parmi une sélection de cinq romans parus en 2008, tous sélectionnés pour leur approche singulière de la solidarité. L'ouvrage traite d'une amitié entre une adolescente et une jeune SDF. Lou, 13 ans, élève brillante et isolée, propose de faire un exposé sur les sans-abri et d'interviewer No, une jeune femme SDF. Avec son regard d'enfant précoce, naïf et lucide sur le monde, Lou décide d'aider No et se lance dans une action de sauvetage qui la dépasse. Ce livre n'illustre pas seulement des valeurs comme l'entraide, la solidarité et la générosité, il les montre portées par toute la force et l'enthousiasme de jeunes gens idéalistes. No et moi est le quatrième livre de Delphine de Vigan.
No et moi Delphine de Vigan. Editions JC Lattès. Octobre 2008.
|
|
|
|
 |
|
 |

" Je m'appelais Sophie. Je vous ai tous aimés, sans doute " Je m'appelais Sophie. Je vous ai tous aimés, sans doute est la dernière phrase de Tant qu'il y a de la vie… Cette phrase, l'auteur de l'ouvrage, Josette Ecuyer-Ravailler, la met dans la bouche de sa fille Sophie après le décès de cette dernière, à l'âge de 14 ans. Elle résume ainsi toute la difficulté des rapports entre un enfant lourdement handicapé et des parents aimant . Il semble difficile pour tous d'accepter les différences et encore plus celle d'un enfant. Josette Ecuyer-Ravailler ainsi que son mari et ses deux fils ont dû et su l'accepter. Cette fille, ils l'avaient désirée " depuis le début de notre histoire de couple " dit-elle. Une naissance prématurée, suivie d'une erreur médicale a fait basculer cette famille des plus tranquilles dans une descente aux enfers traversée de moment de tendresse. A travers le témoignage, imaginé bien entendu, de son enfant, l'auteur nous fait partager toutes les difficultés émotionnelles, psychologiques et matérielles qu'infligent une telle maladie pour la famille et l'entourage. Dans un premier temps, l'auteur a ouvert un blog, d'informations sur le sujet. C'est à la suite d'une visite sur ce site, qu'un éditeur, impressionné par l'histoire a décidé de la publier. La famille Ecuyer-Ravailler fait partie d'une association d'handicapés, l'APAJH 54 (Association pour adultes et jeunes handicapés) " pour continuer à soutenir " les blessés " de la vie ". Cet ouvrage fait partie des présélections au prix littéraire Handi-Livres 2008 organisé par la mutuelle Intégrance. " Tant qu'il y a de la vie… " de Josette Ecuyer-Ravailler, éditions " L'Atelier de la Mémoire " 1er Trimestre 2008 L'ouvrage peut-être envoyé, dédicacé, en le commandant à partir du blog de l'auteur : http ://chardon.unblog.fr/
|
|
|
|
 |
|
 |

" Leïla ", lauréat du prix Solidarité 2008
Ce sont bien les valeurs promues par Harmonie Mutuelles que l'on retrouve dans Leïla, l'ouvrage de Dalila Kerchouche lauréate du prix solidarité 2008. "Leïla", le parcours d'une fille de harki Leïla est le témoignage d'une adolescente, fille de harki, qui, convaincu que " tous les hommes naissent libres et égaux ", va engager une lutte au nom de la dignité humaine et affronter les préjugés d'une époque. C'est son enfance dans les camps de regroupement, mis en place après la guerre d'Algérie, que raconte Dalila Kerchouche dans son roman. Ecriture poignante, héroïne attachante… un savant mélange qui décrit la révolte d'une jeune fille face aux conditions de vie difficiles dans les camps, et fait partager aux lecteurs le combat de cette adolescente pour la dignité humaine et le respect mutuel. Au travers des rencontres de son personnage, l'auteur dépeint des valeurs qui lui sont chères : l'entraide, la générosité et la solidarité. Leïla Dalila Kerchouche, Editions du Seuil, octobre 2006.
|
|
|
|
 |
|
 |

Il existe quelques différences !
L'Insee a publié en février dernier l'édition 2008 de "Regards sur la parité" ; il s'agit ici de la parité hommes-femmes. La lecture de cet ouvrage permet de se remémorer quelques faits qui, s'ils peuvent paraître évidents, n'en sont pas moins utiles à connaître. Femmes et hommes-Regards sur la parité Edition 2008. Insee, collection Références, février 2008
|
|
|
|
 |
|
 |

Patients, si vous saviez... Confessions d'un médecin généraliste
Christian Lehmann, Robert Laffont, mars 2003 Un médecin généraliste c'est débordé, débordé et surmené. Tel pourrait être le résumé de l'ouvrage de Christian Lehmann, écrivain et médecin généraliste - justement - dans la région parisienne. Il s'agit de la narration de journées du médecin généraliste ; chaque anecdote donnant lieu à des réflexions. Ce praticien doit non seulement faire face à des patients plus ou moins sympathiques, à des maladies, graves ou non, à la mort, mais aussi à la misère sociale, à des situations invraisemblables, etc. On comprend que cela puisse fatiguer son homme. Il doit aussi - nous résumons la pensée de l'auteur - faire face à la stupidité de l'administration et des politiques, de la Sécu et des mutuelles, à l'avidité des laboratoires, etc, sans oublier l'incompétence de certains de ses confrères. Ce genre de plainte est véritablement un leitmotiv chez les médecins. Il est vrai que l'on peut parfaitement concevoir qu'il est énervant pour un soignant de voir des gens, qui selon lui, " n'ont aucune idée de ce qu'est la pratique médicale " lui demander de remplir tel ou tel formulaire, de suivre telle ou telle formalité. On peut aussi penser que les médecins en question oublient, ou font semblant d'oublier, que la protection sociale a un coût, qui n'est pas dû à la mondialisation ou à la " pensée unique ". On peut penser, donc, qu'il est relativement normal que ceux qui ont en charge la gestion de ce coût cherchent, justement, à gérer. Après il y a, bien sûr, des choix à faire, c'est là le rôle du politique. Juste histoire d'être désagréable, il faut noter que si Christian Lehmann est débordé, et l'on peut comprendre pourquoi, son éditeur a du l'être également puisque la même anecdote - terrifiante au demeurant - est racontée deux fois, à 70 pages d'intervalle, sous deux formes à peine différentes. Ce qui ressort tout de même principalement de l'ouvrage, c'est que le corps médical ignore ou du moins a du mal à comprendre les impératifs des gestionnaires de la protection sociale. On peut penser que l'inverse est également vrai, sans parler des patients qui semblent ignorer les questions auxquels sont confrontés les uns et les autres. Il est donc urgent d'apprendre à se connaître. Ce livre peut y aider. |
|
|
|
 |
|
|
 |
|
 |

La minute du Docteur Systole
Bernadette Cosnard-Simon, Gérard Nicaud, Masson, octobre 2002 C'est la vie quotidienne du Dr Amélie Systole, généraliste dans une grande ville, que les deux auteurs - l'une exerçant à Paris, l'autre journaliste au Figaro - ont entrepris de nous conter, avec un certain humour précisons-le. Vue par quelqu'un (une) qu'on imagine facilement être un bon praticien, cette vie quotidienne est parfois un peu dure. Et l'on peut comprendre l'agacement, pour ne pas dire plus, de certains médecins contre les lenteurs, ou contre ce qu'ils considèrent comme des absurdités, de la Sécurité sociale. L'on peut aussi, avec les auteurs, se poser quelques questions ; par exemple : les quinze minutes, en moyenne, de consultation sont-elles vraiment suffisantes ? La surconsommation française de tranquillisants n'évite-t-elle pas une surconsommation d'autres drogues légales, comme la junk-food, ou moins légales ? Est-il vraiment possible pour un jeune médecin de résister à un patient (client) qui demande d'inscrire sur son ordonnance toutes ses consommations des derniers mois, d'où des ordonnances qui paraissent incohérentes ? Il est bon aussi de se souvenir que tous les établissements de soins ne se valent pas et que, dans certains cas, il est souhaitable d'aller vers les meilleurs, même s'ils sont plus chers, etc. En somme, il est toujours intéressant d'écouter le point de vue d'un médecin honnête et de s'apercevoir ou plutôt de se ré-apercevoir que la seule logique de l'" assureur " n'explique pas tout. |
|
|
|
 |
|
 |

Les petits soldats du journalisme
François Ruffin, Les Arènes, février 2003 Dans la grande et récente série " Halte aux néo-censeurs " (1), cet ouvrage d'un ancien étudiant du CFJ (Centre de formation des journalistes) pourra servir à expliquer quelques cas (ou plutôt de nombreux cas) de censures inconscientes. La thèse de l'auteur, illustrée par de nombreux exemples, est que la plus prestigieuse école de journalisme française sert plus à " formater " des salariés de groupes de presse que des journalistes enquêteurs, fouineurs, investigateurs, selon la terminologie actuelle. A l'encontre de la thèse de l'auteur, il est loisible de penser que le but d'une école -même de journalisme- est, quand même, de former des gens qui trouveront du travail dans la vie réelle et non dans une utopie où tout le monde il est gentil.
(1) Nous rappelons deux ouvrages parus sur ce thème précis juste ci-dessous : " La censure des bien-pensants ", d'Emmanuelle Duverger et Robert Ménard, " Les Maîtres censeurs ", d'Elisabeth Lévy. |
|
|
|
 |
|
|
 |
|
|