Fédération nationale de la mutualité interprofessionnelle

Nos valeurs mutualistes ont l'esprit d'entreprise

A lire

Santé

C'est compliqué chez les Windsor ! ou Comment mourir quatre fois pour survivre une fois

Le dernier roman policier coédité par la Mutualité française et les Éditions Pascal nous conduit d'abord non loin de la famille royale britannique et ensuite au cœur d'une intrigue assez décoiffante et parfaitement inquiétante et dérangeante. En gros, comment mourir alors que l'on est déjà décédé ? Cette intrigue a pour objectif de nous montrer les possibilités inouïes qu'ouvrent les biotechnologies et les risques de leur utilisation à des fins de pouvoir. Il s'agit d'un débat à la fois politique, juridique et éthique, qui touche au plus intime de l'être humain, à savoir son individualité et sa réalité existentielle. Il faut remarquer les sept pages de notes qui suivent le roman proprement dit ; elles sont, en elles-mêmes, fort intéressantes et instructives. L'auteur, Daniel-Philippe de Sudres, est chercheur en neurosciences cognitives, spécialiste de neuroconnectique (favorisant la plasticité et l'équilibre corporel/ intellectuel/émotionnel-motivationnel, la jeunesse neuronale, la créativité…). Complétant la collection Polar santé qui traitait de scandales de santé publique sous forme de roman, la Série Néro, s'ouvre à d'autres problématiques : les inégalités d'accès aux soins, l'évolution des pratiques médicales, ou encore l'amélioration de l'organisation du système de santé.

Quatre fois mort Le terrible secret du jeune Wilfried de Boifeu
Daniel-Philippe de Sudres, Éditions Pascal-La Mutualité française, collection Nero, mai 2010, 204 p.

Un nouveau risque de santé publique ?

Le dernier numéro de la toujours fort intéressante revue trimestrielle Santé et travail, consacre trois pages aux nanomatériaux sous le titre " Nanomatériaux : vers un scénario amiante ? ". Le surtitre étant " Principe de précaution ". On sait que ce fameux principe de précaution, même s'il est inscrit dans la constitution depuis 2005 en ce qui concerne l'environnement, est parfois contesté avec vigueur par des scientifiques ou des philosophes. Lorsque la probabilité d'un risque est forte, il parait tout de même difficile pour l'esprit de s'y opposer. Qu'en est-il
pour ces nanoparticules ? Ces nanomatériaux (moins de 100 nanomètres ; un nanomètre étant un milliardième de mètre) sont déjà présents dans plusieurs centaines de produits de grande consommation. Et il semble bien que tous les scientifiques soient d'accord pour dire que l'on ne connait pas leur dangerosité alors que des essais sur le rat ou la souris ont révélé des effets néfastes. Si l'Affset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) proposait en 2008 de classer les nanoparticules au " niveau de danger inconnu " et d'y appliquer le principe de précaution, avec des mesures telles que traçabilité, étiquetage clair, et, dans certains cas, interdiction, ces préconisations sont " loin de faire l'unanimité dans les milieux industriels et dans les ministères ". En fait, au terme de l'article, il apparait que " si les nanomatériaux n'ont rien à voir avec l'amiante […] il convient néanmoins de ne pas répéter certaines erreurs d'évaluation et de gestion du risque. " Si le " scénario amiante " n'est pas sûr, il n'est peut-être pas utile de tout faire pour le répéter.

Nanomatériaux : vers un scénario amiante ?
Jacques Roméro, Santé et travail n° 71, juillet 2010.

La parole à la défense

Dans la rubrique "santé", il est rendu compte d'un ouvrage intitulé Les médicamenteurs. L'auteur y dénonçe " les liaisons singulières, voire dangereuses, entre industrie pharmaceutique et pouvoirs publics ". Selon elle, la santé de patients n'est pas le but premier des activités de " Big Pharma " (l'industrie pharmaceutique). Ce but premier serait la rentabilité. Cet ouvrage est à la fois décapant et plutôt convaincant.
Nous donnons aujourd'hui la parole à la défense. Christian Lajoux, l'auteur de Le médicament, enjeu du 21e siècle est, en effet, président du Leem (Les entreprise du médicament, le syndicat professionnel de l'industrie pharmaceutique) et président de Sanofi-Aventis en France. C'est donc bien à un représentant affirmé et assumé de Big Pharma que nous avons affaire. Outre une défense et illustration de l'industrie pharmaceutique française et de l'indépendance nationale en la matière, l'auteur aborde " quelques idées reçues " qu'il estime être à la source " de la pensée courte " ; idées qui tournent généralement autour des rapports entre argent et médicament. Force est de constater que sa réfutation est assez faible sinon par le fait, incontournable, qu'" inventer la santé au quotidien et répondre aux besoins humains appellent des capitaux ". L'ouvrage se veut également un catalogue rapide des avancées dues à la production de l'industrie pharmaceutique.
Elles sont difficilement contestables. De fait, si Christian Lajoux ne nie pas les dérives – c'est son mot – dont Big Pharma s'est rendu coupable, il a comme une tendance à dire en substance : " tout cela, c'est du passé. Nous avons changé. Maintenant nous allons être plus blancs que le plus blanc des chevaliers blancs. " En somme, si l'on sort de l'ouvrage avec la claire vision du caractère indispensable de la recherche (tant publique que privée) et la certitude de l'utilité de l'industrie pharmaceutique, on est moins convaincu par ses affirmations de philanthropie. Cependant si les laboratoires nous fournissent de bons et utiles médicaments, c'est déjà beaucoup. Aux autres acteurs du système de soins de ne pas se laisser leurrer et de faire leurs choix. A chacun de jouer son rôle.

Le médicament, enjeu du 21e siècle Le temps des alliances
Christian Lajoux, éditions du Cherche-midi, février 2010, 215 p.

Idées reçues et faits avérés

Les messages de prévention en matière de santé rencontrent aujourd'hui des limites. Qu'il s'agisse d'obésité ou de tabagisme, ils ont souvent permis d'éveiller les consciences mais ils peinent à modifier les comportements. Or, certains problèmes prennent des proportions alarmantes. Ainsi, 15% des enfants entre 5 et 11 ans sont aujourd'hui en surpoids et 4% sont obèses : un chiffre qui ne cesse d'augmenter depuis dix ans. La cigarette reste quant à elle la première cause de mortalité évitable en France avec 66 000 décès par an.
C'est parce qu'il apparaît nécessaire d'affiner les stratégies de prévention pour les rendre plus efficaces que Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique, a demandé au Centre d'analyse stratégique (CAS) un rapport sur l'apport des sciences comportementales, cognitives et des neurosciences à la prévention en santé publique ; rapport remis le 16 mars 2010.
Réalisé en collaboration avec les chercheurs français et internationaux en marketing, neurosciences, psychologie et économie comportementale, ce travail révèle la nature des stratégies jugées les plus efficaces pour lutter contre les comportements à risque. Il ouvre des perspectives prometteuses et propose de nombreuses mesures simples, efficaces et à un coût raisonnable.
Plusieurs pistes existent pour améliorer les stratégies de communication en santé publique. Ainsi, faire appel à la raison, la peur, la surprise, la responsabilité, le plaisir ou le dégoût n'a pas la même efficacité selon que l'on s'adresse à des jeunes ou à des personnes âgées, à des fumeurs ou à des personnes en surpoids. En étudiant le fonctionnement cérébral du consommateur conjointement aux travaux sur son comportement, il est possible de mieux comprendre comment un individu réagit à un message ou à une image utilisés dans le cadre d'une campagne de prévention. Car il s'agit désormais de dépasser la prise de conscience des risques pour atteindre des changements réels de comportements. Trois exemples, qui bénéficient à l'heure actuelle d'un grand intérêt sociétal, politique et médiatique, sont plus particulièrement développés : la lutte contre le tabagisme, les empoisonnements accidentels domestiques et l'obésité.
L'ouvrage se termine par un tableau reprenant douze idées reçues en matière de prévention ; une analyse permet de les considérer ou non comme des faits avérés. Par exemple : " La prévention permet de faire des économies(1) ". En bien c'est faux : " Si la prévention améliore la santé et sauve des vies, elle a également un coût, et concerne davantage d'individus que le soin, de sorte qu'il n'est pas automatique que son développement entraîne des gains immédiats. Faire davantage de prévention n'est donc pas à préconiser dans un souci d'économie, mais dans celui d'améliorer le bien-être des individus. "
Autre exemple, l'idée reçue, qui veut que " Tout est question de responsabilité individuelle ", n'est pas vérifiée : " La responsabilité individuelle, qui devrait pousser les personnes à faire les choix favorables à leur santé, peut seulement s'exercer lorsque l'environnement s'y prête. […] Ainsi, la présence de publicités, de fast-foods, de distributeurs, mais également la taille des portions ou le caractère attrayant des emballages, influent sur le comportement alimentaire ".
Un rapport à étudier soigneusement !

Nouvelles approches de la prévention en santé publique
Travaux coordonnés par Olivier Oullier et Sarah Sauneron ; rapport remis le 16 mars 2010. 139p. Disponible sur www.strategie.gouv.fr
___________________________________________
(1) Les comptes de la santé évaluent à 5,2 milliards d'euros, soit 2,7% de la dépense courante de santé, les sommes allouées à la prévention, mais cela ne représente que les financements institutionnels. Selon une étude plus poussée de la Drees et de l'Irdes, " la dépense totale consacrée à la prévention en France (pour l'année 2002) s'élevait plutôt à 10,5 milliards d'euros, soit 6,4 % de la dépense courante de santé et un peu plus de 0,6% du PIB ".

" Dis-moi, Docteur ! ",
Nouveau guide de Sparadrap

Sparadrap, association bien connue, qui guide les enfants et les parents dans le monde de la santé, a conçu Dis-moi, Docteur ! Edité par Albin Michel et illustré par Sandrine Herrenschmidt, cet ouvrage réunit onze fiches et livrets, abordant onze thèmes " santé ". Ce livre reprend une sélection de guides Sparadrap. Les soins et les actes médicaux sont expliqués aux enfants et à leur famille. L'objectif est de répondre aux questions des enfants de 4 à 9 ans et surtout de les rassurer. Une double page à l'intention des parents, donnant des informations supplémentaires et éventuellement des pistes de réflexion, se trouve à la fin de chaque chapitre. Cet ouvrage, destiné à servir pendant plusieurs années, est disponible dans les librairies au prix de 14,50 euros.

" Dis-moi, Docteur ! ", Nouveau guide de Sparadrap, Edition Albin Michel

La face cachée des laboratoires pharmaceutiques

Voici un ouvrage aux allures de réquisitoire dans lequel l'auteur, la journaliste Stéphane Horel, veut démontrer l'emprise de l'industrie pharmaceutique , dénommée "Big Pharma", sur le système de santé français. Le livre est le prolongement d'un documentaire diffusé le 9 juin 2009 sur France 5.

Le médicament a pour mission de guérir, d'atténuer la douleur, de lutter contre la pathologie dont on peut être atteint. Ce sont là des évidences qui expliquent qu'en France, 40 boîtes de médicament par personne et par an sont consommées. Cela explique également le coût du poste pharmacie pour l'assurance maladie. Face à ce que certains appellent un excès de consommation, le gouvernement incite les patients à "se responsabiliser".

Séphane Horel voit, à cette surconsommation, une autre cause : les liaisons singulières, voire dangereuses entre industrie pharmaceutique et pouvoirs publics ainsi que le savoir-faire de la dite industrie pour promouvoir ses productions auprès des prescripteurs, les médecins. Pour elle, il est clair que les "coupables", ce sont les laboratoires pharmaceutiques.

Le livre montre tout le travail de marketing, de groupe de pression, que Big Pharma exerce sur les différents appareils de l'Etat ainsi que sur la communauté médicale, dès les bancs de la fac. On peut être scandalisé par les pratiques utilisées par Big Pharma pour arriver à ses fins : peu importerait la santé des patients, seule la rentabilité intéresserait l'industrie pharmaceutique. Certes, dirons-nous ; il n'en reste pas moins que le médicament est bien souvent le premier et le moins onéreux des moyens de se soigner et qu'il est parfois, voire souvent, efficace.

Les médicamenteurs
Stéphane Horel, Editions du Moment, février 2010 - 315p.

Pour l'amélioration de l'offre de soins

" Si l'on vit en moyenne plus longtremps en France que presque partout ailleurs, les inégalités ne cessent de se creuser. " ceci n'est pas le postulat de départ de cet ouvrage, c'est plutôt un constat assez amer.
Prenant l'exemple des déserts médicaux et des dépassements d'honoraires qui compromettent l'égalité d'accès de tous aux soins, les auteurs souhaitent, pour briser cette spirale, remettre à plat les principes de la médecine libérale.
Selon eux, les Français ont la chance de bénéficier d'une couverture maladie de base " universelle et généreuse " mais dont la cohésion s'effrite silencieusement sous l'effet de l'augmentation des dépenses de santé. Les pouvoirs publics, toujours selon eux, ont privilégié la maîtrise comptable au détriment de l'amélioration de l'efficacité de l'offre de soins.
C'est à cette amélioration qu'appellent les auteurs.
Il est tentant, et nous céderons à la tentation, de citer la conclusion de l'un des auteurs, Pierre-Yves Geoffard, qui traite de " La concurrence en santé : marché des soins, marché de l'assurance ". Extraits de sa conclusion donc : " Substituer la concurrence sur le marché de l'assurance à la concurrence sur le marché des soins est tentant, à condition de transférer aux assureurs en concurrence les outils de gestion du risque maladie […]. Mais, du point de vue de l'équité comme de l'efficacité, la voie concurrentielle doit être solidement encadrée par des régulations adéquates : obligation pour chacun de s'assurer, obligation pour chaque assureur d'assurer, compensation des risques, standartisation des contrats… "
C'est effectivement un sujet qui mérite une réflexion approfondie.

Au chevet de la santé
Quel diagnostic ? Quelles réformes ?

Collectif ; Regards coisés sur l'économie ; éditions La Découverte, avril 2009 ; 241 p.

Adrea à la montagne

Les vacances aux sports d'hiver est un sujet qui trouve sa place dans la collection "Les conseils d'Adréa et de Patouille" lancée par Adréa Mutuelle Alpes Dauphiné et son partenaire : les éditions Pour penser à l'endroit. Ce deuxième volet est axé sur les dangers des pistes de ski et les précautions à prendre en altitude.


Collection "Les conseils d'adréa et de Patouille"

Adrea et le soleil

Ce livre a été lancé au moins de juin 2008 par Adréa Mutuelle Alpes Dauphiné et les éditions Pour penser à l'endroit, juste avant les vacances, afin de sensibiliser les jeunes lecteurs ainsi que leurs parents sur les méfaits du soleil et les dangers de la baignade.
Cet ouvrage est le premier de la collection "Les conseils d'Adréa et de Patouille". Ces personnages, dans un langage adapté pour des enfants de 2 à 6 ans, font découvrir les dangers de la vie au quotidien. Des pages sont réservées aux parents ; elles sont remplies de conseil pratiques sur l'alimentation, la façon de se protéger des rigueurs du climat, les gestes qui sauvent, ainsi que les contrats d'assistance et de rapatriement sans oublier des numéros utiles en cas d'accident.

Collection "Les conseils d'adréa et de Patouille"

Comprendre et accompagner la malade au quotidien

Alzheimer : un mot qui fait maintenant partie du langage courant. Tout le monde ou presque a l'un de ses proches atteint de cette maladie.
La maladie d'alzheimer pour les nuls apporte, de façon simple et pratique, les informations nécessaires pour comprendre cette maladie, mais aussi pour répondre aux différents problèmes qui peuvent surgir lors de son apparition et de son évolution.
Ce livre de la célèbre collection " pour les nuls " (L'informatique, l'anglais, l'histoire de France, etc) sera utile à toute personne voulant s'informer sur la maladie et ses conséquences, à tous ceux qui côtoient, de près ou de loin, quelqu'un qui souffre de la maladie d'Alzheimer et qui veulent en savoir plus. Il sera également utile aux malades car, de plus en plus souvent, le diagnostic est posé alors que le malade est encore en possession de ses facultés intellectuelles. Comme sa famille, il a besoin d'information.

La maladie d'Alzheimer pour les nuls
Jacques Selmès et le Pr Christian Derouesné ; First Editions

L'information pour l'égalité d'accès aux soins

Une couverture presse impressionnante, un très, très important nombre de références sur internet, des réactions…mitigées. Tel pourrait être le bilan de la parution de l'ouvrage intitulé Le livre noir des hôpitaux.
Cependant, pour qui suit l'actualité et les débats tournant autour de ce thème, les informations données ne sont pas totalement nouvelles. Rien de nouveau ? Eh bien, si : les trois auteurs portent avec succès le débat sur la place publique. Le lecteur non averti sera sans doute choqué de découvrir dans ce livre les multiples dérives soigneusement cachées du " meilleur système de santé au monde ".
L'abondance des exemples cités fait même peur : mortalité variant de un à dix dans des établissements éloignés de seulement quelques kilomètres, patients opérés alors qu'ils ne devraient pas l'être, petits hôpitaux à l'activité confidentielle et médiocre soutenus à bout de bras par des élus locaux qui, eux, se font opérer dans les grands centres, explosion des horaires médicaux, fuite des praticiens vers le privé, cliniques faisant de l'abattage pour satisfaire aux exigences de rentabilité des fonds de pension qui les ont rachetées…
C'est pourquoi, finalement, on ne peut qu'être satisfait de la parution de cet ouvrage : l'information est, en effet, devenue la première condition de l'égalité des soins.

Le Livre noir des hôpitaux
Philippe Houdart, François Malye, Jérôme Vincent ; Calmann-Levy ; mars 2009

Quand tuer n'est plus jouer

A 40 ans, Frédéric Monge est employé dans une banque. Sa vie, terne, bascule le jour où, ivre de colère à la suite de l'élimination de son personnage dans le jeu vidéo en ligne auquel il s'adonne, il décide d'en découdre dans la réalité avec son adversaire de jeu. Virtual Killer met en scène une galerie de personnages engagés à des degrés différents dans des comportements addictifs. Certains maîtrisent leur vie, mais d'autres perdent pied, jusqu'à leur destruction, ou celle de leur proche. Le septième titre de la collection Polar santé, créée par la Mutualité française et les éditions Pascal, présente une forme d'addiction. L'auteur, Jean-Claude Matysiak, psychiatre et psychothérapeute, est, d'ailleurs, spécialiste du traitement des maladies addictives : comme l'alcool et les drogues, les jeux vidéo, et plus particulièrement les jeux à univers persistants sur Internet, peuvent créer des dépendances.

Virtual Killer
Jean-Claude Matysiak. Editions Pascal et Mutualité française. Février 2009

La santé au travail

Le trimestriel Santé et Travail consacre dans sa livraison d'avril 2009, un dossier au " Malaise à l’hôpital ", avec en surtitre "Epuisement, stress et risque d’erreurs ". Le dernier point pouvant être la conséquence des deux premiers. Ce dernier point peut, c'est évident, avoir également quelques conséquences pratiques assez désagréables pour le patient que nous avons été, que nous sommes ou que nous serons à peu près tous.
Outre ce dossier, Santé et travail traite de la question de l'amiante (on sait que cette revue a été en pointe sur ce dossier) ainsi que de l'affaire AZF, c'est-à-dire des suites judiciaires de la catastrophe de Toulouse. Il s'agit, selon l'article, du " procès de la sous-traitance " : sans prendre partie sur les causes de l'accident , la revue met en évidence la responsabilité possible (le jugement doit être rendu avant l'été) des donneurs d'ordre (Grande Paroisse et Total) : 13 des 29 personnes décédées étaient des employés d'entreprises extérieures.
L'une des questions auxquelles devra répondre le tribunal est, en effet, celle de la formation et de l'information des sous-traitant. Les normes légales sont respectées mais les formations sont-elles efficaces et les " consignes de sécurité sont elles compatibles avec les exigences de rentabilité " imposées par l'entreprise sous-traitante. ?
Santé et Travail est, vraisemblablement, la seule parution française, indépendante et engagée, consacrée à cette question de la santé au travail.

Santé et Travail
Avril 2009, n° 66. Voir conditions d'abonnement sur www.sante-et-travail.fr

Le premier atlas régional de la consommation d'alcool

L'Institut national de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES) et l'Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) publient le premier Atlas régional des consommations d'alcool. L'ouvrage fournit des éléments d'informations inédits sur la consommation d'alcool des adultes etet des adolescents en métropole ainsi que dans les départements et territoires d'outre-mer.
Il s'appuie sur deux enquêtes réalisées en 2005 par l'OFDT et Inpes. L'enquête Escapad ciblait un échantillon de jeunes âgés de 17 ans quant au Baromètre santé 2005, l'échantillon de 30 000 personnes se composait d'une tranche d'âge plus large (de 15 à 75 ans). Ces deux études, très proches, ont permit de comparer les données relatives aux adultes et aux jeunes. Cet ouvrage fournit des précisions sur la diversité des modes de consommation d'alcool sur l'ensemble du territoire français et les particularités régionales des usages, des ivresses, des comportements à risque, ainsi que des préférences pour tel ou tel type d'alcool. Chaque situation régionale est comparée avec celle de l'ensemble du territoire. Des données aussi précises au niveau local permettront de mener des actions de prévention et d'information au plus près des comportements des populations concernées.

Atlas régional des consommation d'alcool 
François Beck, Sthéphane Legleye, Olivier Le Nézet et Stanislas Spilka ; Editions Inpes, octobre 2008

Pour faire face à la dépendance

"Nous vivons de plus en plus vieux. Mais la médaille de la longévité a son revers car l'arrivée dans le quatrième âge s'accompagne de risques croissants de perte d'autonomie". La perte d'autonomie touche aujourd'hui 800 000 personnes en France, mais leur nombre devrait avoisiner 1,2 millions en 2040.
Nous ne savons pas toujours comment réagir quand l'un de nos proches est concerné : maintien à domicile ou maison de retraite ? À quelle protection juridique recourir ? De quelles aides bénéficier ? C'est à ces questions et à d'autres encore que ce livre veut répondre. En amont de ces décisions, ce guide explique comment réagir face aux symptômes des pathologies liées au vieillissement, en particulier les maladies d'Alzheimer et de Parkinson. Il propose également un éclairage sur les accidents vasculaires cérébraux, les infections pulmonaires, les maladies rhumatologiques, les problèmes d'équilibre, les problèmes de surdité ou de vue… Les aspects psychologiques comme la dépression sont abordés.
Ce " guide complet " est destiné " aux familles et aux personnes qui veulent rester maître d'œuvre de leur vie à l'arrivée du grand âge ". Il s'adresse également à l'ensemble des professionnels de santé ou des personnels intervenant dans ce secteur d'activité.

La dépendance, faire face ensemble
Jean-Loup Julien, co-édité par la Mutualité française et les Editions Pascal, novembre 2007.

La sexualité sans tabou pour les femmes

Pendant des siècles, le corps de la femme n'a été réduit qu'à une seule fonction : la procréation. Cet ouvrage va permettre aujourd´hui de dépasser ce cliché et enfin d'aider toutes les femmes à mieux connaitre leurs corps, assumer leur sexualité et prévenir et soigner des maladies propres à la gente féminine. L'auteur a aussi ouvert un chapitre sur toutes les violences que peuvent rencontrer les femmes. De la violence conjugale au mariage forcé, il rappelle qu'"en 2007, une femme sur dix est encore victime de ce type de comportement". Fille, mère et grand-mère peuvent se l'offrir mais n'oublions pas que l'auteur est un homme ; lui-meme se reconnait comme étant un "machiste vulgaire" par ses a priori avant d'enqueter sur ce sujet. Il remercie l'éditeur mais surtout les femmes et les hommes qui lui ont offert leurs témoignages "de leurs facons de percevoir cet Autre qu'est la femme".

Le guide des femmes. Santé, liberté, égalité
Paul Kadès, éditions Librio-Mutualité francaise, collection "Santé" en partenariat avec le Planning familial.  

Contre la "fabrique à obèses"

Un thème, non encore évoqué dan la collection "Santé" des éditions Librio en coédition avec la Mutualité francaise : les troubles alimentaires . Karin Bernfeld tire la sirène d'alarme  sur trois maladies méconnues et mal jugées : l'obésité, l'anorexie et la boulimie. En France, 13,9 millions de personnes boulimiques et les chiffres sont en augmentation constante. "Notre société est devenue une véritable fabrique à obèses" commente l'auteur. Ce livre permet de comprendre ses causes, ses effets et surtout comment y remédier. Appuyer sur des témoignages de personnes "pour qui la chose la plus commune - manger - est devenue un véritable problème ou meme un calvaire" et l'analyse médicale de ces trois pathologies, l'auteur invite le lecteur à déjouer ces troubles alimentaires.

Déjouer les troubles alimentaires - Obésité, anorexie, boulimie
Karin Bernfeld, Librio-Mutalité francaise, aout 2007
  

Pourquoi se désintoxiquer du tabac

La Mutualité française et les éditions Librio ont réédité, dans une version réactualisée, l'ouvrage "Tabac, arnaques, dangers et désintoxication". Cet ouvrage révèle tous les pièges tendus aux fumeurs et aux non-fumeurs et donne les conseils à suivre pour en finir avec la cigarette, quel que soit le niveau  de dépendance. Il expose aussi tous les effets du tabac sur la santé, celle du fumeur mais aussi celle de son entourage. Réactualisée, cette nouvelle version présente la nouvelle législation sur le tabagisme dans les lieux publics. Elle intègre également les dispositions sur le remboursement par l'assurance maladie d'un forfait de 50 euros par an pour l'achat de substituts nicotiniques.

Tabac, arnaques, dangers et désintoxication
Dr Françoise Chadrin, Dr Bernard Topuz, Marie Langre et Roger Lenglet, Librio-Mutualité française, juin 2007
 

A consommer sans modération !

L'alcool est un sujet de santé publique qui est abordé dans le parcours de santé mutualiste. Coédité par la Mutualité française, ce guide s'inscrit dans ce registre préventif. Il permet de proposer un " ensemble de services d'information, d'orientation et d'accompagnement à tous les adhérents mutualistes ". Pour éviter les pièges ou en sortir, ce guide alterne témoignages, entretiens et données scientifiques ou encore définitions et conseils pratiques. Un questionnaire est proposé pour évaluer son comportement face à ce sujet.

Alcool quand tu nous abuses… Pour éviter les pièges ou en sortir
Sous la direction de Roger Lenglet, Auteurs : Karin Bernfeld, Hélène Delserre, Betty-Bente Hansen, Maryline Klein, Marie Langre et Raphaëlle Petit.
Co-Editions : Mutualité Française et les éditions Pascal mai 2007

L’état de santé de la population en France en 2006
Indicateurs associés à la loi relative à la politique de santé publique
Drees, Documention française, 2007.

La loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 a défini 100 objectifs de santé publique pour 2008. Cet ouvrage est le premier rapport annuel sur l’état de santé de la population en France réalisé à partir des indicateurs de suivi de ces objectifs. 
Dans un premier temps, une synthèse dresse une vision d’ensemble de l’état de santé de la population en 2006. Des informations de cadrage sont ensuite fournies sur les grandes caractéristiques de la mortalité et de la morbidité de la population française. Sous forme de fiches synthétiques, 57 des objectifs associés à la loi ont par ailleurs été évalués, parmi lesquels la consommation annuelle moyenne d’alcool par habitant, la prévalence du tabagisme quotidien, le surpoids et l’obésité, l’exposition des enfants au plomb, les situations périnatales à l’origine de handicaps, les complications du diabète, la prise en charge des toxicomanies, etc. Chaque fois que les données le permettaient, les indicateurs ont été comparés à ceux des autres Etats de l’Union européenne. Une cartographie commentée des indicateurs disponibles au niveau régional regroupés par thème est proposée en annexe. Pour chaque thème, une fiche de synthèse présente les indicateurs disponibles et propose une analyse descriptive des disparités régionales observées.

Pour s'y reconnaître dans le médico-social

Ce " dictionnaire de l'organisation sanitaire et médicosociale " ne sera peut-être pas un best-seller mais toute personne ayant quelque responsabilité dans ce secteur serait bien inspiré de se le procurer et de le garder à portée de main.
C'est pourquoi, les auteurs ont conçu ce dictionnaire, fort de 800 articles qui sont autant de mines de renseignements précis sur les institutions en charge des politiques, les organismes de protection sociale, les structures sanitaires ou médico-sociales, les multiples commissions, comités, conférences et conseils, les lois qui régissent l'exercice des professions médicales et para médicales, les classifications, systèmes d'information et enquêtes statistiques qui font référence au plan national.
Bref, tout ce qu'il faut savoir.
Un regret cependant, aux articles traitant de la mutualité et des mutuelles, s'il est bien fait état de la FNMF et de la MFP (Mutualité Fonction Publique), la FNMI est absente ; le poids des mutuelles interprofessionnelles étant, d'ailleurs sous estimé.

Par essence, ce type d'ouvrage est à la fois indispensable et amené à se périmer vite. C'est pourquoi il est urgent de se le procurer.

Dictionnaire de l'organisation sanitaire et médicosociale
François Tuffreau, Anne Le Guével ; éditions ENSP (Ecole nationale de la santé publique) ; février 2007.

Les bons réflexes pour éviter les accidents
Guide de la sécurité au volant
Sous la direction de Roger Lenglet, Editions Pascal, juillet 2006.

Co-édité par la Matmut et par la Mutualité française, ce petit guide se veut pratique: tout ce que chaque conducteur devrait savoir mais qu'il ne sait pas forcément ou qu'il a oublié. Que faire en cas de brouillard ? Evident, oui. En cas d'aquaplaning ? Déjà moins évident. En cas de verglas ? Dans cetains cas, s'abstenir de conduire. Etc.
Les instruments indispensables à bord, les vérifications précédant le départ, les dangers les plus fréquents... En quelques chapitres tout y est, en tous cas l'indispensable de base. Il s'agit vraiment d'un aide mémoire qui peut éviter un grand crash.

La porte noire
Le piège de sucre
Sarah King, illustrations de Sato, Editions Pascal-Mutualité française, novembre 2006.

La Mutualité française inaugure une collection "Jeunesse Santé" par une série intitulée "L'univers de Lul'".
Dans La porte noire et Le piège de sucre, on croise les dangers de la drogue, du sucre, de la violence et de l'alcool, parmi bien d'autres.
La question primordiale est bien entendu de savoir si les jeunes lecteurs liront ces oeuvres avec intérêt. La réponse, après avoir effectué plusieurs tests, est oui. L'autre question est : deront-ils pour autant attention aux sucreries, seront-ils sensibles aux dangers  de la drogue ? La réponse est pour plus tard. En tous cas ils y auront été sensibilisés.

Réorganisation permanente : les salariés déstabilisés
Dossier coordonné par françois Desriaux ; Santé et Travail, avril 2006. Edité par la Mutualité Française

Ce numéro de la revue "Santé et Travail" présente un dossier rédigé par des spécialistes, psychodynamiciens, chercheurs, ergonomes, etc. A lire en ces temps de "révolution permanente".

Impact des niveaux de garantie des complémentaires santé sur les consommations de soins peu remboursées par l'assurance maladie : le cas des lunettes et des prothèses dentaires
Question d'économie de la santé, n°100. Pascale Lengagne, Marc Perronnin. IRDES, novembre 2005

Aujourd'hui,  plus de 9 personnes sur 10 vivant en France sont couvertes par un contrat de couverture complémentaire maladie. Cette large diffusion ne doit pas faire oublier que les niveaux de garantie sont variables, notamment en optique et en dentaire. Une meilleure prise en charge incite-t-elle les individus à accroître leurs consommations de manière injustifiée ? Participe-t-elle plutôt à la diminution des disparités d'accès aux soins en permettant aux ménages les plus modestes d'acheter des biens auxquels ils auraient renoncé faute de moyen ? L'étude ne montre d'effet massif des niveaux de garantie ni sur le recours aux lunettes et aux prothèses dentaires, ni sur la dépense. En revanche, cet effet est plus marqué pour les ménages modestes démontrant une nouvelle fois le rôle de la couverture complémentaire dans l'amélioration de l'accès aux soins peu remboursés par l'assurance maladie.

Sur le net Irdes "questions d'économie de la santé"

Les trajectoires de soins en 2003
Bénédicte Boisguérin, Denis Raynaud et Pascale Breuil-Genier
Etudes et résultats, N°463, Dress, février 2006

La loi d'Août 2003 prévoit la mise en place d'un parcours de soins. Qu'en était-il auparavant ? La réponse est simple : 71 % des premiers recours au médecin s'effectuaient chez le généraliste, et 29 % chez un spécialiste. Dans ce dernier cas, pour 15 % il s'agissait  de spécialités dont l'accès  a été réglementé par la réforme du 13 Août 2004, principalement la dermatologie, la chirurgie et la cardiologie. Dans les autres cas, les personnes allaient voir directement un spécialiste parmi les trois secteurs non concernés par la réforme : gynécologie, ophtalmologie et pédiatrie.

Sur le net dress/études et résulats

La santé des personnes âgées
Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n°5-6/2006, INVS, février 2006.

Au sommaire, une étude sur les aspects économiques du vieillissement, les disparités dans l'Union européenne, l'épidémiologie de la maladie d'Alzheimer, etc. et un article de Dominique Polton (Cnam-TS) et Catherine Sermet (Institut de recherche et de documentation en économie de la santé) intitulé "le vieillissement de la population va-t-il submerger le système de santé ?". La réponse n'est pas si simple que l'on pourrait le penser. Très sommairement dit, la croissance des dépenses de santé liée au vieillissement de la population dépend plus de l'évolution des techniques médicales que du vieillissement proprement dit.

Sur le net Institut veille sanitaire

Le dico de la santé
Déchiffrer le vocabulaire médical au quotidien
Marie Langre et Pierre Simon.
Coédité par la Mutualité française et les éditions J'ai lu-Libro, décembre 2005.

Les auteurs, tous les deux journalistes et spécialistes de santé publique, mettent à la portée du grand public les termes qui permettent de mieux comprendre les problèmes de santé publique et de se protéger. Des rappels de vaccins aux démarches à effectuer en cas d'accident du travail, ce dictionnaire donne aussi la possibilité de déchiffrer au quotidien ordonnances, notices, rapports d'analyses ou bilans médicaux. Il permet enfin grâce à de nombreuses informations pratiques et juridiques de connaître les acteurs essentiels de la santé et les missions des administrateurs de ce secteur.

Les drogues. Cannabis, cocaïne, xrack, ectasy, héroïne

Dr William Lowenstein, Dr Jean-Pierre Tarot, Dr Olivier Phan et Pierre Simon.
Coédité par la Mutualité française et les éditions J'ai lu-Librio, octobre 2005.

Quels sont les dangers réels de la drogue ? En quoi les différents produit diffèrent-ils les uns des autres ? Quels problèmes de dépendance entraînent-ils ? L'ouvrage, écrit par cinq spécialistes en addictologie, veut répondre à toutes ces questions. Ces drogues, cannabis, cocaïne, crack, ecstasy, héroïne sont les cinq stupéfiants " les plus consommés en France et en Europe après l'alcool et le tabac", indiquent les auteurs.

Requiem en eaux troubles

Paul Couturiau, éditions Fleuve noir et Mutualité française

Requiem en eau trouble : c'est le titre du troisième roman policier publié par la Mutualité française et Fleuve noir. L'ouvrage enquête sur le lien possible entre la maladie d'Alzheimer et la présence d'aluminium dans l'eau du robinet.
Ce n'est pas une fiction, mais un dossier bien réel que le roman policier de Paul Couturiau dévoile au public. Selon plusieurs études internationales récentes, le nombre de cas d'Alzheimer est deux à trois fois plus élevé dans les villes où le taux d'aluminium par litre d'eau dépasse 100 microgrammes. Or, les normes françaises actuelles ne tiennent pas compte de ce danger.
En effet, l'eau du robinet contient souvent de l'aluminium, utilisé pour la rendre plus claire. Mais cette substance apparaît de plus en plus comme un facteur agressif pour le cerveau. Un nombre grandissant de scientifiques se penchent aujourd'hui sur ce problème et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat de leurs recherches mérite que l'on prenne certaines précautions.
Après Mort in vitro, de Martin Winckler, qui dénonce les dérives commerciales de l'industrie pharmaceutique, et Retraite anticipée, de Gérard Delteil, sur la mauvaise qualité des soins dans certaines maisons de retraite, le livre de Paul Couturiau est bien parti. Il confirme le succès de la collection " Polar santé " auprès du public puisqu'il est déjà en retirage à la demande des libraires.
Paul Couturiau a reçu le grand prix de la littérature policière pour Boulevard des ombres, en 1993.

Roger Lenglet

La société cancérigène

Geneviève Barbier, Armand Farrachi, éditions de La Martinière

La maladie fait chaque année 150 000 morts en France. Le taux de mortalité a progressé de 20 % entre 1980 et 2000, en dépit d'un dépistage plus précoce, d'un arsenal thérapeutique de plus en plus performant et d'énormes sommes dépensées. Les explications qui viennent spontanément à l'esprit paraissent simples : " Plus on vit vieux, plus on a de risques de développer un cancer ", "Tabac et alcool font le lit de la maladie "...
Comment expliquer alors que l'ensemble des pays européens note une augmentation des cancers de l'enfant ? Au même titre que les souris des champs, les oiseaux ou les poissons de la Baltique qui développent eux aussi la maladie, l'enfant est bien malgré lui un indicateur de la qualité des milieux, font remarquer les auteurs.
Qu'en est-il des facteurs de risque liés au cadre de vie et au travail : dérivés nitrés, rayonnements ionisants, champs électromagnétiques, pesticides, solvants, teintures, plomb, polychlorobiphénile (PCB), amiante... ? La croissance du mal est proportionnelle au taux d'industrialisation, à tel point que l'OMS a pu établir une corrélation entre le PNB et pourcentage de cancéreux dans la population d'un pays.
Les auteurs posent une série de questions simples : veut-on vraiment faire reculer le cancer, puisqu'il y aurait plus de gens pour en vivre que pour en mourir ? Pourquoi ne s'attaque-t-on pas aux producteurs (énergie, industrie ou agroalimentaire) de substances cancérigènes ? Comment prendre la mesure du mal lorsqu'on dispose de données épidémiologiques si peu pertinentes ?

M.T.

Économie de la santé

Béatrice Majnoni d'Intignano et Philippe Ulmann

Patients, si vous saviez...
Confessions d'un médecin généraliste


Christian Lehmann, Robert Laffont, mars 2003

Un médecin généraliste c'est débordé, débordé et surmené. Tel pourrait être le résumé de l'ouvrage de Christian Lehmann, écrivain et médecin généraliste - justement - dans la région parisienne. Il s'agit de la narration de journées du médecin généraliste ; chaque anecdote donnant lieu à des réflexions.
Ce praticien doit non seulement faire face à des patients plus ou moins sympathiques, à des maladies, graves ou non, à la mort, mais aussi à la misère sociale, à des situations invraisemblables, etc.
On comprend que cela puisse fatiguer son homme. Il doit aussi - nous résumons la pensée de l'auteur - faire face à la stupidité de l'administration et des politiques, de la Sécu et des mutuelles, à l'avidité des laboratoires, etc, sans oublier l'incompétence de certains de ses confrères. Ce genre de plainte est véritablement un leitmotiv chez les médecins. Il est vrai que l'on peut parfaitement concevoir qu'il est énervant pour un soignant de voir des gens, qui selon lui, " n'ont aucune idée de ce qu'est la pratique médicale " lui demander de remplir tel ou tel formulaire, de suivre telle ou telle formalité.
On peut aussi penser que les médecins en question oublient, ou font semblant d'oublier, que la protection sociale a un coût, qui n'est pas dû à la mondialisation ou à la " pensée unique ". On peut penser, donc, qu'il est relativement normal que ceux qui ont en charge la gestion de ce coût cherchent, justement, à gérer. Après il y a, bien sûr, des choix à faire, c'est là le rôle du politique.
Juste histoire d'être désagréable, il faut noter que si Christian Lehmann est débordé, et l'on peut comprendre pourquoi, son éditeur a du l'être également puisque la même anecdote - terrifiante au demeurant - est racontée deux fois, à 70 pages d'intervalle, sous deux formes à peine différentes.
Ce qui ressort tout de même principalement de l'ouvrage, c'est que le corps médical ignore ou du moins a du mal à comprendre les impératifs des gestionnaires de la protection sociale. On peut penser que l'inverse est également vrai, sans parler des patients qui semblent ignorer les questions auxquels sont confrontés les uns et les autres.
Il est donc urgent d'apprendre à se connaître.
Ce livre peut y aider.

J. C.

La révolution médicale


Jean-Pierre Davant, Thomas Tursz, Guy Vallancien, avec Pierre Boncenne,
Editions du Seuil, avril 2003.

Notre santé n'est pas un commerce " était le titre du dernier livre du président de la Mutualité française. L'ouvrage dénonçait certaines aberrations et surtout certaines dérives inquiétantes de notre système de protection sociale. Au printemps dernier, il cosignait cette publication écrite à trois mains, La révolution médicale. Chacun des auteurs a sa personnalité. Le chirurgien, Guy Vallancien, incarne le versant le plus optimiste d'une médecine en pleine innovation technologique. Le cancérologue, Thomas Tursz, confronté à une maladie qui a encore trop souvent le dernier mot, touchera par son humilité. Le président de la Mutualité française complète le trio. Fort de son expérience, notamment sur le médicament, il est le représentant éclairé des assurés sociaux sur les sujets tour à tour abordés : la recherche, les professions de santé, l'évaluation médicale, l'information, etc. Mis en forme par le journaliste Pierre Boncenne, les entretiens ont conservé la saveur de l'oral et permettent au lecteur, sans jargon technique ni langue de bois, de mieux comprendre les enjeux de la médecine de demain.
Dans une interview, Jean-Pierre Davant résumait la thèse de l'ouvrage : la médecine du xxie siècle sera " de plus en plus collective, acceptant de travailler en réseau, de partager des informations, d'établir des passerelles entre la ville et l'hôpital ".

D'après P. L.

Retraite anticipée

Gérard Delteil, Fleuve noir-Mutualité française, avril 2003.

La vieillesse est souvent synonyme de maisons de retraite. Mais ces établissements font parfois l'objet d'un commerce qui nuit gravement à leur qualité...
Retraite anticipée est le deuxième roman de la collection Polar Santé, éditée par la Mutualité française et Fleuve Noir. Après le succès de Mort in vitro, de Martin Winckler, dénonçant le manque d'indépendance des experts chargés d'autoriser la vente des médicaments et les problèmes de la fécondation in vitro, c'est au tour de Gérard Delteil de relever le défi avec une enquête explosive.
Huit personnes âgées ont trouvé la mort au cours de l'incendie qui a ravagé une maison de retraite. Acte criminel ou accident ? Juge et policiers sont d'autant plus discrets que l'établissement appartient à un groupe puissant. Le journaliste Raoul Walberg tente d'en savoir plus mais se heurte à la loi du silence car plusieurs notables de la région ont des intérêts dans l'affaire. Son enquête lui réservera des surprises et lui fera prendre des risques.
Réalisme et suspense sont garantis. L'auteur connaît son métier, il a déjà signé plus de soixante-dix polars.
Quand des affairistes considèrent les personnes âgées comme un simple marché juteux, tout devient possible... Le polar Retraite anticipée nous fait découvrir des aspects méconnus de certaines maisons de retraite.

D'après ANPCM

La minute du Docteur Systole

Bernadette Cosnard-Simon, Gérard Nicaud, Masson, octobre 2002

C'est la vie quotidienne du Dr Amélie Systole, généraliste dans une grande ville, que les deux auteurs - l'une exerçant à Paris, l'autre journaliste au Figaro - ont entrepris de nous conter, avec un certain humour précisons-le.
Vue par quelqu'un (une) qu'on imagine facilement être un bon praticien, cette vie quotidienne est parfois un peu dure. Et l'on peut comprendre l'agacement, pour ne pas dire plus, de certains médecins contre les lenteurs, ou contre ce qu'ils considèrent comme des absurdités, de la Sécurité sociale. L'on peut aussi, avec les auteurs, se poser quelques questions ; par exemple : les quinze minutes, en moyenne, de consultation sont-elles vraiment suffisantes ?
La surconsommation française de tranquillisants n'évite-t-elle pas une surconsommation d'autres drogues légales, comme la junk-food, ou moins légales ? Est-il vraiment possible pour un jeune médecin de résister à un patient (client) qui demande d'inscrire sur son ordonnance toutes ses consommations des derniers mois, d'où des ordonnances qui paraissent incohérentes ?
Il est bon aussi de se souvenir que tous les établissements de soins ne se valent pas et que, dans certains cas, il est souhaitable d'aller vers les meilleurs, même s'ils sont plus chers, etc. En somme, il est toujours intéressant d'écouter le point de vue d'un médecin honnête et de s'apercevoir ou plutôt de se ré-apercevoir que la seule logique de l'" assureur " n'explique pas tout.

Comment se soigne-t-on en France ?

Andrée et Arié Mizrahi, Puf, avril 2003
Les auteurs, tous deux directeurs de recherche honoraire au CNRS, sont des spécialistes reconnus en économie de la santé. Dans cet ouvrage, ils veulent donner des éléments de réponse sur la nature et les raisons de la consommation médicale. Grande et importante question si l'on se souvient qu'en France, l'on dépense en moyenne 22 000 euros par personne et par an pour se soigner, soit 13 % du budget des ménages.
L'une des observations de l'ouvrage est que l'effet du niveau de remboursement s'exerce plutôt sur la nature des soins que sur leur niveau global : les personnes peu remboursées, sans couverture complémentaire, consomment moins de soins de médecins et dentistes, moins de pharmacie, moins de biologie, moins donc de soins ambulatoires (moins 16 %) mais ont une dépense d'hospitalisation supérieure de 18 % et une santé dégradée : du bien-fondé de la couverture complémentaire, en somme.

Mort in vitro

Martin Winckler, Fleuve noir, Mutualité française, janvier 2003

Le premier ouvrage d'une nouvelle collection, " polar santé " créé par un célèbre éditeur de romans policiers et la FNMF, veut, à travers plusieurs morts suspectes, mettre en lumière les abus de certains laboratoires pharmaceutiques et de certaines pratiques médicales (la fécondation in vitro particulièrement).
La collection doit accueillir prochainement d'autres grands noms du polars, tels que Thierry Jonquet ou...

Petite encyclopédie critique du médicament

Professeur Claude Béraud, Les éditions de l'Atelier-Mutualité française, mars 2002.

Ce livre, justement, a pour ambition de donner au lecteur une information de base sur le médicament..
Il trace le processus qui conduit de la recherche d'une nouvelle molécule à la distribution : recherche scientifique, industrie, réglementation, marketing, prescription, vente, consommation…

L'imposture scientifique en dix leçons

Edition du troisième millénaire Michel de Pracontal
Editions La Découverte - Sciences et société, 2001

Il existait autrefois des "petits traités de science amusante", qui étaient destinés à donner
le goût de la physique ou de la chimie aux chères têtes blondes, ou brunes.
Michel de Pracontal signe ici un petit traité amusant de la non-science, qui serait plutôt
destiné à détourner ses lecteurs de balivernes et billevesées diverses et variées.

Baromètre santé, Jeunes 97/98

Sous la direction de Jacques Arènes, Marie-Pierre Janvrin, François Baudier
Editions CFES, 1998



FNMI - 3, rue Barthélemy - 75015 Paris - Tél. : 01 53 69 44 44